Omar OSMAN RABEH 1946-2013
Jeune élève infirmier, il s'était engagé dans la politique vers les milieux des années 60. Accusé d'un meurtre et condamné à mort (peine commuée en perpétuité malgré une faute de preuve) il fut libéré en 1975 par un commando du FLCS (Front de Libération de la Côte des Somalis) en échange de l'ambassadeur de France à Mogadiscio de l'époque, un certain Jean Guéry. Omar restera donc en Somalie et rejoindra cette organisation armée dès sa libération pour faire partie de l'exécutif. Il ne restera pas longtemps en liberté, car il sera de nouveau emprisonné par Siad Barreh quelques jours avant la tenue de la « Table ronde » sur l'indépendance de Djibouti organisée à Paris par la France et la Somalie, le 28 février 1977, Omar a été détenu jusqu'en février 1978. À son retour au pays, il fut nommé professeur puis directeur adjoint au Cours normal de Djibouti. Quand le Cours normal devint l'École normale de Djibouti (L'actuel CFPEN – Centre de formation professionnelle des personnels de l'éducation nationale) le regretté en fut promu 1er directeur djiboutien. Apatride en 1991, le Dr Rabeh et seul, sans aide aucune et armé de son inébranlable foi que cet indomptable héros atterrit en 1992 en cette « terre d’opportunité » qu'est l'Amérique du Nord et plus précisément au Canada. Il installera sa famille à Ottawa et fondera même une école qu'il baptisera « Ibn-Batouta » en quelques années. Il fréquentera à l'occasion certains milieux politiques somaliens. Omar tombe malade et se rend en Égypte pour se soigner. C'est dans des conditions de quasi-dénuement que, après plusieurs traitements infructueux, ce grand héros de la libération nationale a rendu l'âme. Et, ironie du destin, dans un pays qui n'est pas le sien.
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